Apprendre au XXIe siècle
La curiosité a toujours fait
partie de ma vie, d’aussi loin que je puisse me souvenir. De même, les livres
ont été des amis sur qui j’ai toujours pu compter, dès mon plus jeune âge. Je
ne suis pas pour autant un autodidacte – je n’ai pas appris « par
moi-même », mais j’ai toujours poussé plus loin cette soif de comprendre
et d’approfondir mes connaissances. Je ne crois pas que ce trait de
personnalité soit générationnel, ni même temporel ; au contraire il permet
à l’être humain de s’émanciper et de se développer depuis la préhistoire. Or,
tous n’ont pas le même degré de curiosité intrinsèque. Il est donc, selon moi,
du rôle de l’enseignant de suscité et nourrir ce trait. Si apprendre vient du
mot latin apprehendere, qui signifie « saisir par l’esprit, étudier[1] »,
pour Giordan (1998), au centre du concept « d’apprendre » se trouve
l’apprenant et pour Giordan c’est à l’enseignant à s’ajuster à son
auditoire afin qu’apprendre devienne fonction de l’apprenant. Mais pour y arriver,
il faut que l’enseignant ET l’apprenant comprennent le concept, ses rouages et
ses techniques. Notons au passage que pour Giordan (1998) le terme
« apprentissage » est un terme à éviter, car trop connoté.
J’ai lu cet ouvrage pour un cours
sur la gestion des établissements d’enseignement supérieur lors de ma maîtrise.
Il m’avait beaucoup marqué car je ne pouvais m’empêcher de questionner comment
un tel fait était possible dans une classe de plus de 50 étudiants et plus (pour
mettre un nombre plancher). De plus, dans un contexte où la personnalisation
est mise à l’avant plan, nous pouvons nous questionner à savoir si
l’enseignement prendra encore plus ce virage. Personnellement, j’aimerais bien
pouvoir donner un enseignement personnalisé, mais pas auprès de 50 étudiants à
la fois. Or, je suis conscient des coûts et des exigences que cela implique et
j’ai bien peu d’espoir que dans un contexte où le système d’éduction s’est
industrialisé (Sir Ken Robinson, https://www.youtube.com/watch?v=zDZFcDGpL4U) cela se
réalise.
Un bref survol de l’histoire de
la pédagogie (Compayré, 1911 ; Kerlan, 2002 ; Meirieu, 2011) nous
apprend comment l’enseignement a évolué au cours des siècles en parallèle avec
l’émancipation de l’homme. S’il faut s’inspirer du passé (Covington, 1997), il
faut toutefois faire attention à ne pas « magnifier et idéaliser le
passé, [… ni] faire table rase du
passé » (Kerlan, 2002), tout en fuyant vers une innovation volontariste.
Ainsi, dans ce mouvement où les méthodes
et les techniques ont évolué, nous devons trouver un moyen de nous ajuster aux
apprenants du XXIe
siècle; car ces derniers ont bel et bien changé. Sans allé aussi loin que Prensky
(2001), plusieurs études (Pageau et Bujold, 2000; Wesch 2007; Stanford, 2016;
Universities Canada, 2016; ECAR) démontrent que le profil sociodémographique et
certains comportements des étudiants ont changé, notamment quant à
l’utilisation des TIC. Il devient donc de notre devoir d’enseignement, comme le
dit si bien Marie-Claude Petit, de devenir des experts dans l’utilisation des
TIC en contexte d’enseignement afin de susciter l’intérêt et la curiosité de ces
nouveaux apprenants « technovores ». Et si par la même occasion une formation
plus personnalisée s’instaure, pourquoi pas…
Bibliographie
Compayré,
Gabriel. (1911). « Histoire de la pédagogie », Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire, Fernand
BUISSON dir. Librairie Hachette, Paris. Consulté le 5 octobre 2016. http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/
document. php?id=3354
Covington, Marsha Elaine. (1997). Great teachers on teaching adults :
comparison of philosophy and practice from antiquity to the present, thèse.
Montana State University.
Giordan,
André. (1998). Apprendre! Paris : Éditions Belin.
Kerlan,
Alain. (2002). Histoire des doctrines
pédagogiques, consulté le 5 octobre 2016. http://alain.kerlan.pagesperso-orange.fr/HISDOC%2002%20HISTOIRE.htm
Meirieu,
Philippe. (2011). La pédagogie :
Histoire et enjeux, notes de cours. Consulté le 5 octobre 2016. https://www.meirieu.com/COURS/synthese.pdf
Pageau, D. et
Bujold, J. (2000). Dis-moi ce
que tu veux et je te dirai jusqu'où tu iras : les caractéristiques des
étudiantes et des étudiants à la rescousse de la compréhension de la
persévérance aux études : analyse des données des enquêtes ICOPE : 1er
volet : les programmes de baccalauréat. Québec : Université du Québec à
Québec, Direction du recensement étudiant et de la recherche institutionnelle. http://www.uquebec.ca/dreri-public/Rapport_detaille_bac.pdf
Prensky, M. (2001). « Digital Natives, Digital
Immigrants ». On the Horizon. Vol. 9, no 1. P. 1-6.
Stanford
University. (2016). Stanford
University Common Data Set 2015-2016. Consulté le 2 octobre 2016. http://ucomm.stanford.edu/cds/2015#GeneralInformation
Universities
Canada. (2016). Universities : Facts
and stats. Consulté le 2 octobre 2016. http://www.univcan.ca/universities/facts-and-stats/
Wesch,
M. (2007). A Vision of Students Today. Consulté le 27 septembre 2016. https://www.youtube.com/watch?v=dGCJ46vyR9o
Commentaires
Publier un commentaire