La présence dans la distance
Les
textes de Moore (2013), Garrison (2017) et les commentaires de Jézégou (2010a,
2010b) m’ont particulièrement interpelé car c’est sur cet aspect de créer une
présence à distance, un contact, une ‘relation’ que porte mes préoccupations.
Si Jézégou fait bien le pont entre les deux théories, soit une distance
négociée qui résulte en une présence accrue, ce sont surtout les étapes pour y
arriver qui sont intéressantes. Jézégou (2010a) explique que
la présence pédagogique
en e-learning résulte des interactions sociales que le formateur entretient à
distance avec les apprenants pour soutenir les présences cognitive et
socio-affective. Ces interactions consistent à favoriser les transactions
entre les apprenants tout en contribuant à un climat socio-affectif basé sur
la symétrie de la relation sociale et sur l’aménité́, au sein d’un espace numérique
de communication (p. 270).
Dans
cette citation, nous voyons qu’il faut avoir une présence pédagogique,
cognitive et socio-affective. Le formateur doit entretenir une interaction avec
ses apprenants, mais encore faut-il que les apprenants le veuillent…
Mon
expérience concrète avec ce phénomène s’est produite il y a déjà plus d’un mois
et demi, alors que j’ai dû m’absenter de quelques séances de cours. J’avais
préparé deux activités d’interactions non obligatoires avec les étudiants,
l’une dépendante de l’autre ; j’ai
ouvert un forum libre accès où les étudiants pouvaient interagir, se poser/me
poser des questions, etc. De plus, pour leurs études, j’avais préparé un scénario,
dans lequel je leur posais des questions et je les invitais à y répondre sur le
forum. Tristement, très peu d’étudiants, voire aucun dans un des trois cours, n’ont
utilisé l’outil. Je dois avouer m’être remis en question, malgré les commentaires
autour de moi qui me disaient : « S’ils ne l’utilisent pas, c’est qu’ils
comprennent et que tout va bien! ». Aurais-je pu/dû faire autrement ?
En
fonction des lectures plus haut mentionnées, j’aurais pu leur donner des
rendez-vous planifier ou encore noter le forum et leur réflexion pour m’assurer
de leur participation. Or, en classe, je ne note pas et j’ai une participation,
pas de tous, bien sûr, mais les quelques-uns qui le font sont suffisants afin
d’atteindre mon but.
Après
avoir vu leur réaction en classe depuis cette expérience et entendu leurs
commentaires, si c’était à refaire, je crois que j’insisterai plus sur l’aspect
à distance avant le début de la session car je me rends bien compte que ce
n’est pas fait pour tous et il est vrai que ces étudiants ne se sont pas
inscrit à un cours à distance. De plus, je ne serais pas intègre si je ne
mentionnais pas que cela m’a fait un « petit velours » de savoir que
je servais à les aider à comprendre… ;)
Garrison, D. R. (2017). Community
of Inquirery. Dans Garrison, D. R., E-learning in the 21st century: A
framework for research and practice. (3e éd.). New York:
Taylor & Francis.
Jézégou, A. (2010a). Créer de la
présence à distance en e-learning. Distances et savoirs, 8(2),
257-274.
Jézégou, A. (2010b). Community of
Inquiry en e-learning: à propos du modèle de Garrison et d'Anderson. Journal
of Distance Education (Online), 24(2), 1-18.
Moore, M. G. (2013). The Theory of
Transactional Distance. Dans M. G. Moore (dir.), Handbook of Distance
Education(p. 66-85). New York: Routledge.
Ton billet est très intéressant. Comment trouver un équilibre entre l’autonomie, l’optimisation de l’expérience étudiante (Garrison, 2017) ou le dialogue (Moore, 2013) afin de placer les étudiants dans un processus d’apprentissage où ils se sentent interpelés et qui s’impliquent dans les différentes tâches. Difficile d’avoir une réponse puisque les étudiants diffèrent [heureusement] d’une fois à l’autre. Enfin, tu soulignes un élément intéressant. Est-ce que les étudiants sont suffisamment préparés à apprendre à distance?
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