Messages

Quand apprendre revient à réfléchir…

Voilà deux-trois semaines que je m’imprègne des différentes théories sur l’apprendre : béhaviorisme, cognitivisme, constructivisme et connectivisme. Certes elles sont bien différentes l’une de l’autre, mais est-ce vraiment possible pour un enseignant de les disséquer, voire de s’en extirper complètement, et d’affirmer qu’il ne s’inspire que d’une seule ? Dès que nous utilisons l’évaluation sommative, nous faisons face aux théories behavioristes où l’étudiant, pour avoir une note désirée (récompense), agira en conséquence (comportement). Bien sûr, pour enseigner, nous avons plutôt utilisé des méthodes issues des autres théories comme la résolution de problème (plus près du cognitivisme), des travaux d’équipe (qui se rapproche du constructivisme) ou encore des forums ou des wiki (qui emprunte au connectivisme) (Ertmer et Newby, 1993 ; Siemens, 2005). Mais le fait demeure qu’aujourd’hui, il est rare qu’un enseignant n’utilise des méthodes issues que d’une seule théorie...

Apprendre au XXIe siècle

La curiosité a toujours fait partie de ma vie, d’aussi loin que je puisse me souvenir. De même, les livres ont été des amis sur qui j’ai toujours pu compter, dès mon plus jeune âge. Je ne suis pas pour autant un autodidacte – je n’ai pas appris « par moi-même », mais j’ai toujours poussé plus loin cette soif de comprendre et d’approfondir mes connaissances. Je ne crois pas que ce trait de personnalité soit générationnel, ni même temporel ; au contraire il permet à l’être humain de s’émanciper et de se développer depuis la préhistoire. Or, tous n’ont pas le même degré de curiosité intrinsèque. Il est donc, selon moi, du rôle de l’enseignant de suscité et nourrir ce trait. Si apprendre vient du mot latin apprehendere , qui signifie « saisir par l’esprit, étudier [1]  », pour Giordan (1998), au centre du concept « d’apprendre » se trouve l’apprenant et pour Giordan c’est à l’enseignant à s’ajuster à son auditoire afin qu’apprendre devienne fonction de l’...

Devrait-on réhabiliter l'éducation universitaire ?

Notre système d’éducation est-il toujours adapté à la réalité du XIXe siècle ? Selon Sir Ken Robinson la réponse est non [1] . Notre système d’éducation, issu des lumières, ne cherche qu’à former des travailleurs par l’entremise d’écoles-usines qui annihilent la créativité et l’indépendance d’esprit. Pour y remédier, il suggère un changement de paradigme éducationnel dans lequel nous mettrions l’étudiant au centre, avec un apprentissage personnalisé qui permet de réfléchir ‘en dehors de la boîte, ce qu’il appelle la pensée divergente. S’il s’attaque principalement aux premiers paliers de l’éducation (primaire et secondaire) nous pouvons nous demander si la situation est la même dans l’enseignement universitaire.  Cabal (1995) décrit trois grands modèles d’université au XXIe siècle : le modèle allemand (tel qu’imaginé par Humboldt) qui puise son inspiration au cœur même de l’épistémologie, mettant de l’avant les notions théoriques et la recherche fondamentale et formant a...