L’utilisation des approches pédagogiques actives


Lorsque je suis ‘arrivé’ à l’UQAM comme chargé de cours, il y a de cela quatre ans et demi déjà, on m’avait vaguement parlé d’un outil pédagogique qui s’appelait Moodle. On m’avait dit que les élèves et professeur s’en servaient comme plateforme d’enseignement. Lorsque j’ai pris connaissance de l’outil et que j’ai commencé à recopier mon plan de cours, je me suis questionné sur la plus value d’un tel outil et je l’ai rapidement mis de côté. Comme le décrit très bien Stockless (2016), beaucoup d’obstacles m’ont bloqués et « à lui seul, l’enseignant ne peut intervenir efficacement sur l’ensemble des facteurs relevés ».

Cette session-ci, en prenant le cours Formation à l’enseignement universitaire, j’ai découvert et compris le potentiel et tout ce que l’outil pouvait offrir. Je me suis dit que je devais utiliser Moodle de manière adéquate. J’ai donc contourné quelques obstacles en m’inscrivant à la formation de base, donnée sur quatre avant-midi. Sans nier que je suis maintenant converti, je ne deviendrai pas pour autant évangéliste. Je respecte ceux qui s’en tiennent loin, car il faut l’admettre, c’est chronophage. Ceci dit, j’en aurai vraiment besoin pour la prochaine session, puisque je serai absent de deux cours complet. Il me fallait donc trouver un outil qui me permettrait d’offrir à mes étudiants un ensemble de contenus, regroupé au même endroit.

En plus d’utiliser Moodle, je me suis aussi beaucoup questionné sur la manière d’utiliser un ENA afin de recréer ma méthode d’enseignement par excellence, soit le dialogue socratique. Cette approche s’inscrit dans la perspective interactive, présentée par Bates (2015). Cette perspective d’apprentissage utilise l’échange comme méthode pour apprendre. Bates (2015) démontre très bien l’importance de cette méthode pour éloigner la classe de la perspective transmissive et s’ancrer dans un univers numérique.

Une revue de la littérature (voir mon plan détaillé) m’a permis de réaliser à quel point les échanges en lignes étaient important, mais pour lesquels le focus était mis sur les étudiants et la construction de la connaissance. Je demeure toujours sur ma faim quant à la meilleure manière pour le professeur d’enrichir les conversations. C’est d’ailleurs ce sur quoi j’espère travailler durant mes absences à la prochaine session.

L’étude de Dennen (2005) semble être celle qui donne le plus de place à l’enseignant. Il s’est en effet, intéressé aux facteurs qui facilitent l’apprendre dans le dialogue « en ligne ». Il a identifié cinq facteurs qui facilitent les échanges, soit : les consignes, les échéances, la rétroaction, le type de présence de l’enseignant et le type d’activité proposée. Le design pédagogique devient très important. Si les perspectives d’encadrement (nurturing) et de développement social de Bates (2015) sont un peu plus difficiles à reproduire, je crois qu’une méthode reprenant l’apprentissage expérientiel pourrait contribuer à enrichir les discussions « en ligne ». Ainsi, en posant les bonnes questions et en amenant les étudiants à se poser les bonnes questions, tout en ‘faisant’ un exercice ou une étude de cas qui leur permet d’appliquer les concepts appris, la discussion devrait s’en trouvée enrichie et la méthode socratique copiée virtuellement… à suivre.


Bates, T. (2015). Teaching in a Digital Age. https://opentextbc.ca/teachinginadigitalage/

Dennen, Vanessa P. (2005). From message posting to learning dialogues: Factors affecting learner participation in asynchronous discussion. Distance Education26(1), 127-148.



Commentaires

  1. Approches pédagogiques actives

    Bonjour Alexandre,

    Je trouve également que Moodle pourrait être exploité autrement que pour y reproduire notre plan de cours voire y placer des dossiers pour le dépôt de travaux.

    Il y a déjà plusieurs sessions, j'ai expérimenté le Forum avec mes étudiants de 2e cycle en gestion de projet (professionnels de 30 à 50 ans). À chaque semaine, je leur demandais de répondre à une question théorique sur la base des lectures obligatoires du cours et de discuter les réponses données (Celik et Mangenot, 2004).

    Constat : seul les deux-trois étudiants – et toujours les mêmes, intervenaient.

    Aurait-il fallu associer une note? Relier la pertinence de l'exercice au développement d'une compétence? Intervenir avec des questions de relance (Anderson et al., 2001)? Le combo lecture-écriture s'avérait-il chronophage pour ce profil d'étudiants? Risquer publiquement une réponse en indisposait-il certains?

    Vérification faite : non.

    Ce que les étudiants appréciaient par dessus tout c'était de pouvoir répondre à de telles questions en classe et de partager leurs points de vue de vive voix en présence de leur enseignante.

    Depuis lors, les questions théoriques se posent en classe et, après quelques minutes de recherche-réflexion mes étudiants prennent la parole pour y répondre, susciter d'autres questions, faire du millage sur les interventions, etc.

    D'un point de vue enseignement-apprentissage, cette formule active porte davantage de fruit que la première!

    Stimuler en présentiel les échanges autour d'une question en grand groupe engendre en un court laps de temps une quantité inestimable de liens théorie-pratique (Thompson et al., 2012) lesquels n'auraient certainement jamais vu le jour en mode asynchrone.

    Références

    Anderson, T., L. Rourke, G.D. Randy et A. Walter (2001) Assessing Teaching Presence in a Computer Conferencing Context. Journal of the Asynchronous Learning Network, 5 (2).

    Celik, C. et F. Mangenot (2004) La communication pédagogique par forum : caractéristiques discursives. Les Carnets du Cedisor, Centre de recherches sur les discours ordinaires et spécialisés, vol. 8. Retiré le 23 décembre 2016 de : https://cediscor.revues.org/695

    Thomson, K.J., B. Switky et A. Gilinsky (2012) Impromptu Presentations : boosting Student Learning and Engagement Throught Spontaneous Collaboration. Journal of Education for Business, 87 (1).

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